Ici et maintenant ?

Plus j’appréhende la sensation de l’instant présent et plus je me rends compte à quel point je suis dans un temps de retard assez systématique. Nous savons que nous sommes en tension quand on se détend seulement. Avant, nous vivons cette sensation comme inexistante puisqu’inconsciente. Le phénomène douloureux ne se fait ressentir qu’au moment où il cesse et souvent, l’on se demande depuis combien de temps nous étions ainsi. Un peu comme pendant une relaxation, quand on est assis, confortable, immobile, assez longtemps pour avoir l’impression de ne plus sentir la différence entre le fauteuil et notre propre corps. L’immobilité engendre l’anesthésie surtout si comme pour la plupart d’entre nous, nous ne sommes pas de grands méditants. Notre magnifique cerveau nous fait des films, tous plus farfelus les uns que les autres souvent, alimentés de nos peurs, de nos rêves… Et nous, où sommes nous pendant tout ce temps que nous passons dans les illusions de notre mental ?

Il en va de même des moments heureux dont bien souvent nous prenons la réelle conscience qu’une fois finis. Combien de fois sommes-nous absents à nous-mêmes ? Je pense qu’il en va de la douleur physique aussi bien que de la douleur morale. A la différence que pour le mental, cela laisse des sensations, des impressions de malaises diffus, des anxiétés sans cause connue, des angoisses comme un brouillard douloureux indéfinissable et souvent incompréhensif car tout s’est mélangé, le passé, le présent, nos projections, nos envies…

Je ne pense pas que l’on puisse tout remettre en ordre, je crois juste qu’un certain équilibre peut s’établir à partir du moment où l’on devient attentif à soi. Un peu faire l’état des lieux des sensations physiques, des pensées qui passent, prendre conscience des ruminations qui s’installent et pour cela, il faut bouger souvent afin de se décaler des problèmes et ce, plusieurs fois dans la journée. Mettre ses pieds en marche, de manière la plus consciente possible, en étant pleinement présent à ses sensations, afin que les pensées statiques se diluent comme une goutte de liquide que l’on mettrait dans un verre d’eau et qui se dilue en le remuant. Un fois diluées, les sensations douloureuses s’estompent, bien sûr, elles reviendront, mais cela soulage l’esprit et lui permet une saine respiration. Le corps n’oublie rien et quand on lui donne l’opportunité de sentir mieux, il ne l’oublie pas non plus.

Bonne promenade au sein de cette nature si consolatrice

Patricia